13 décembre 2017
Isa à Saint Pierre et Miquelon avec nous par Skype
Nous accueillons D. le 9ème du cercle
Info : Une exposition « Afrique d’aujourd’hui ». Sept artistes issus du continent africain à l’Espace d’art contemporain de Bourg en Bresse, jusqu’au 14 janvier 2018. Qui veut y aller ? http://www.bourgenbressetourisme.fr/agenda-evenements/afr...
Is. présente
Ahmadou Kourouma, Allah n’est pas obligé. 12ans, orphelin, il rejoint des sortes de mercenaires (enfants-soldats) dans les guerres tribales qui déchirent le Liberia et la Sierra Leone. Tableau atroce raconté par un enfant avec humour. C’est un roman mais tout est vrai, hélas.
Emmanuel DONGALA, Photo de groupe au bord du fleuve. (République du Congo) Une quinzaine de femmes casseuses de cailloux entre en lutte pour faire augmenter le prix du sac de pierres. L'enjeu n'est pas seulement l'argent mais les projets : études, commerce, famille...déjà présenté en 2015.
Janis Otsiemi, Le chasseur de lucioles. À Libreville, Gabon, une prostituée est découverte sauvagement assassinée dans un motel puis une seconde. La PJ enquête sans moyen et avec brutalité dans un climat de psychose et de corruption. Chapitre court, proverbes, vraie inventivité au niveau de la langue. Ça a de la gueule !
Ro. présente
Alain Mabanckou, Petit piment. A travers les pérégrinations d’un gamin, de l'orphelinat aux rues de Pointe-Noire, c'est l'histoire de la République du Congo, 60-70, l'indépendance, la révolution socialiste, corruption, conflits ethniques, pauvreté, condition des femmes. Portraits vivement troussés, rythme alerte, langue pétillante et inventive. (L’auteur est professeur au collège de France.)
Ca. présente
Chimamanda Ngozi Adichie, Autour de ton cou. 12 nouvelles radicales et imprévisibles. Dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit deux femmes que tout sépare : marchande d’oignons musulmane et étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne. Les monologues, émaillés de mots en langue ibo, disent la solitude glacée des migrants à peau noire, des femmes blessées, des déracinés volontaires.
Dans "Fantômes", un vieux Nigérian reçoit la nuit, la visite de son épouse. La revenante le masse doucement, comme autrefois, et le retraité se réveille au matin la peau souple. La disparue est plus vivante que les figures des rescapés des années 60, ombres sans gloire de la guerre du Biafra.

Ses deux premiers romans, L'Hibiscus pourpre (2004) et L'Autre Moitié du soleil (2008) ont été couronnés, par des prix littéraires prestigieux. Ce roman-fleuve sur la guerre du Biafra, qui déchira le Nigeria à la fin des années 1960 (et emporta les deux grands-pères de l'auteur), a été porté à l'écran.
Débat du cercle:
Tradition d’écriture au Nigeria (150 millions d’habitants), mais aussi Ghana, Zimbabwe, une constellation d'écrivains de haut vol est en train de naître. Beaucoup de femmes. (D.)
Peu d’écrivain malgache. (P.)
On évoque le nombre important de jumeaux au Nigeria, en littérature. Dans la réalité, record de naissances gémellaires et bon présage ou mauvais augure selon l’ethnie.
P. précise qu’à Madagascar le deuxième jumeau est abandonné voir tué.
Scolastique Mukasonga, Ce que murmurent les collines. Nouvelles rwandaises belles et poignantes, où coulent les tourments et les espoirs de tout un peuple. Se souvenir de la mère avant tout, qui, dans sa nostalgie d'exilée, pare la rivière de toutes les merveilles de la légende. Et se souvenir des histoires que murmurent les collines.
On évoque du même auteur, Notre-Dame du Nil, prix Renaudot. (En médiathèque)
Pe. présente
Yaa Gyasi, No home. Ghana. Premier roman, depuis le Ghana, puis aux Etats-Unis, avec deux lignées familiales, elle nous raconte sur trois siècles, l'histoire douloureuse de l'esclavage, de la ségrégation, du métissage, et du déracinement avec l'art consommé d'une grande conteuse qui sait évoquer les esprits des ancêtres, le soir auprès d'un feu sur une plage. On entend les accents, on ressent la chaleur de la terre et à quel point pique le coton brûlant sous le soleil de l'Alabama
Lu présente
Léonora Miano, L’intérieur de la nuit. La colère gronde dans cette région entourée de collines au milieu de la brousse, qui évolue hors du temps, selon des traditions ancestrales de prétendus patriotes du Nord, furieux et sanguinaires, réussissent à pénétrer au village et le mettent en quarantaine. Pour la fille de l’étrangère, au chevet de sa mère, la nuit sera longue. Roman violent et éprouvant.
La Nécropole nationale, militaire de la Seconde Guerre mondiale, commune de Chasselay, Rhône. Y sont inhumés 194 soldats du 25e régiment de tirailleurs sénégalais, (originaires de différents pays d'Afrique : Sénégal, Gabon, Dahomey, Cote d’Ivoire, Guinée, Soudan), tous massacrés par une division de SS allemande en juin 1940. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tata_s%C3%A9n%C3%A9galais_d...
D. présente
Sylvain Prud’homme, Les grands. Guinée-Bissau. Guitariste d'un groupe de la fin des années 1970, Couto apprend la mort de Dulce, la chanteuse du groupe, son premier amour. Trente ans défilent, souvenirs d'une femme aimée, de la guérilla contre les Portugais, des années fastes d'un groupe qui joua aux quatre coins du monde une musique neuve, portée par l'élan et la fierté d'un pays. (Déjà présenté)
T. évoque le film « Félicité » d’Alain Gomis : conter l’universel depuis un bar de Kinshasa. Une femme, un esprit, une chanson, une ville...
Thé. présente
Sefi Atta, Le meilleur reste à venir. Elle brosse le portrait du Nigéria, pays qui, à peine sorti de la guerre du Biafra, sera la proie de multiples désordres, coups d’Etat militaires et régimes dictatoriaux. Deux femmes amies, veulent échapper à l’enfermement d’une société oppressive et machiste.
Tout au long de ce cercle, nous serons imprégnés de la tristesse des génocides, des massacres.
Prochain cercle : le mercredi 10 janvier 2018, auteurs africains, suite.
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