23 mars 2016
Galettes Saint-Michel et œufs de Pâques
Galettes au beurre salé et petits œufs tout en discutant des retours et de la littérature sur la guerre d'Algérie.
Évocation de Benjamin Stora, Michèle Audin, Maïssa Bey,
Christine Peyret,
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Cé. montre le livre d'Olivier Roller "Face[s]"
Ca présente
Joao Ricardo Pédro, La main de Joseph Castrop.
Portrait d'une famille marquée par les années de tyrannie salazariste, la répression et la guerre coloniale. Ses secrets, ses mystères, ses joies se dessinent au rythme de l'Histoire, tragique et somptueuse du Portugal. Dans un petit village isolé au centre du pays, Celestino, armé de son fusil, disparaît... Le docteur Augusto Mendes détient la clé de l'énigme qui nous mènera jusqu'en Argentine…
A. présente
Christian Gailly La roue et autres nouvelles.
Huit nouvelles, chacune un petit joyau. Tout en finesse avec ce style très particulier: sans un mot de trop et toujours en rythme. Le sujet tourne souvent autour d'une femme. Elle est la cliente, l'inconnue, l'amante, perçue à un moment de rencontre. Invitation à découvrir un style, un travail de construction du récit et de la subjectivité. Evocation de Bebop du même auteur.
Arturo Pérez-Reverte, La Patience du franc-tireur.
Un éditeur charge Alejandra V. spécialiste de l'art urbain, de retrouver Sniper, graffeur célèbre pour son talent et ses actions de rue à la limite de la légalité et de la guérilla. Elle doit lui proposer, une édition de ses œuvres et une grande rétrospective au MoMA. Mais personne n'a jamais vu le visage de Sniper.
A. évoque Les nouvelles radiophoniques de Martin Winkler : Contes à rêver debout sur Arte Radio et nous recommande la nouvelle Par ici la sortie.
Jean Echenoz, Envoyée spéciale, roman d'espionnage publié en 2016.
Cé. présente Virginie Lou, Eloge de la lumière au temps des dinosaures.
Un soir, un jeune violeur de "la cité derrière" la réveille du songe où elle se tenait, la projetant dans le cauchemar de sa presque mort lors d'une nuit interminable, dont chacun, autour d'elle, va bientôt s'employer à occulter la barbarie. Dans ce roman servi par une écriture admirablement maîtrisée, Virginie Lou nomme le naufrage de notre fin de siècle et met des mots sur l'inhumanité, celle qui se développe chez les laissés-pour-compte et celle, immémoriale, dont sont capables les plus civilisés d'entre nous.
R. présente Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie.
Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, elle s'aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction.
Donnato Carrisi Malefico,
Marcus, le héros pénitencier du Tribunal des âmes, se réveille d’un coma à Prague, amnésique. À son chevet, il trouve deux enveloppes : l’une renferme un billet de train pour Rome et la promesse d’y retrouver son passé ; l’autre 20 000 euros et un passeport sous une fausse identité. Laquelle choisir ?...
T. présente
Eva Kavian, Ma mère à l’ouest.
Sam a 17 ans et raconte sa vie. Comment elle est née d’une mère handicapée mentale, comment elle a pu vivre à ses côtés jusqu’à l’âge de 6 ans, combien de nouveaux foyers elle a connu, de nouvelles mères bourrées de bonnes intentions, de psychologues attachantes, d’assistantes sociales...
Gorki, La mère
Témoignage sur le mouvement ouvrier russe, quelques années avant la révolution d'Octobre. Portrait étonnant et fort d'une femme du peuple : Pélagie, l'humiliée, la sainte, va devenir le symbole à la fois de la misère et du courage.Face aux persécutions et aux déportations, elle relève le drapeau et reprend le combat de son fils.
I. Présente
Charles Juliet, Lambeaux .
L'auteur vide pour la première fois sa mémoire, dénoue le nœud de son malaise. La mort de sa mère alors qu'il n'a que quelques mois. Par des phrases lentes, granitiques, il accède aux racines tranchées, extirpe sa mère du rien en lui donnant la parole. La deuxième partie dit l'autre mère. Celle qui l'a recueilli, la "toute-donnée" qui ne se plaint pas et parle peu. Il met à jour la pensée de cette femme, qui l'a sauvé de la folie ou du suicide. Charles Juliet relate aussi la lente gestation de son être, par-delà les peurs, les blessures, les aridités.
Jorn Riel, Les ballades de Haldur et autres racontars
Que sait-on du Groenland ? Cet immense glaçon polaire se veut, le savoureux théâtre d'exploration d'une poignée d'hommes, Danois, Islandais, Bohémiens norvégiens, Scandinaves... Chez eux, la viande est de phoque, les pièges, à loup, les rires, de renard, et les bœufs, à pétrole. Ce recueil de nouvelles recèle tant d'idées, de poésie imbibée et de chaleur humaine qu'il briserait n'importe quelle glace...
Etienne Davodeau, Cher pays de notre enfance.
La Ve République fondée par le général de Gaulle, dans un pays prospère mais déjà soumis à la "crise". Sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, le pays connaît de véritables "années de plomb". On tue un juge trop gênant. On braque des banques pour financer des campagnes électorales. On maquille en suicide l’assassinat d'un ministre. On crée de toutes pièces des milices patronales pour briser les grèves. On ne compte plus les exactions du Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, alors tout-puissant.
Lu présente
Marc Trevidic, Au cœur du terrorisme
Pourquoi et comment devient-on terroriste ? Comment légiférer et pourquoi la mission des juges est-elle si périlleuse ? Quelle est la position de la France face à un phénomène qui n’a pas de frontières ?
Nabil Ayouch, Les chevaux de Dieu
Ce DVD raconte l'histoire d'une radicalisation religieuse, celle de jeunes garçons d'un quartier défavorisé de Casablanca, Sidi Moumen, qui vont devenir les auteurs d'attentats meurtriers.
BD. Art Spiegelman, À l'ombre des tours mortes. L'auteur a commencé à travailler à ce livre juste après l'attentat du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center. Habitant tout près, il y raconte ce qu’il a vécu ainsi que sa famille. L'ouvrage est un véritable livre-objet, atypique et superbe.
Prochains cercles de lecteurs, Jeudi 28 avril 2016, Jeudi 26 mai 2016, Jeudi 16 juin 2016
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11 février 2016
Velouté d’endives et pâtes de fruits
A. présente Berliner ensemble de Cécile Wajsbrot
22 textes courts forment le portrait d’une ville-musée et ville en devenir. Au-delà de ce portrait d’une ville, l’écriture infiniment précise parle avec beaucoup d’émotion et d’intensité de l’histoire de ses habitants, les fantômes comme les vivants.
Sur les traces de Garcia Lorca de Carlos Hernandez et El Torres BD
En suivant un dédale de récits et témoignages de personnages qui ont partagé un moment de la vie (et de la mort) de Federico Garcia Lorca, l'auteur nous promène de Grenade à Madrid, de la Havane à New York, de fêtes en débats, en souvenirs et réflexions. L'œuvre, construite en une série de saynètes désordonnées du point de vue chronologique, parvient à recréer dans une atmosphère très intimiste, un portrait de celui qui fut l'un des plus grands poètes d'Espagne.
Ca. Présente
7 de Tristan Garcia
Sept romans miniatures. Il y sera question d’une drogue aux effets de jouvence, de musique, du plus beau visage du monde, de militantisme politique, d’extraterrestres, de religion ou d’immortalité. Sept récits indépendants dont le lecteur découvrira au fil des pages qu’ils sont étroitement liés.
Peu à peu, comme un mobile dont les différentes parties sont à la fois autonomes et solidaires, 7 compose une image nouvelle de la psyché de l’homme contemporain, de ses doutes et de ses croyances nécessaires. Récit fantastique d’une humanité qui tourne volontairement le dos à la vérité et préfère se raconter des histoires.
Ca.nous lit un extrait du roman de Boualem Sansal 2084 La fin du monde. P115.
Koa comprit que Bigaye était un mot d’un argot issu de l’habilé qui voulait dire quelque chose comme « grand-frère », « Vieux chenapan », « Bon camarade », Grand chef ». L’expression « Big Eye » utilisée dans le décret de la Juste Fraternité n’était donc pas correcte, en tout cas elle n’existait dans aucune des langues de l’Abistan ou du ghetto, elle se rattachait probablement à une langue ancienne parmi celles qui s’étaient éteintes lors du Char, la première Grande Guerre sainte, qui avait vu disparaître la totalité des populations du nord, rétives au Gkabul. Ati en avait déduit que le texte gravé dans la pierre au-dessus de pont-levis du sanatorium était écrit dans cette langue, puisque la forteresse datait de cette époque, voire plus avant, et que le symbole « 1984 » indiquait peut-être autre chose qu’une date.
Th. Présente
Le Très-Bas de Christian Bobin
C'est une promenade au cœur de l'âme, de ce beau jeune homme qu'était François d'Assise. Celle de l'enfance, celle du jouisseur de la vie et de ses plaisirs, rêvant de chevalerie et de belles princesses. C. B. cueille au passage la beauté des mères, l'amour, l'éternel, la joie, l'enfant, l'ange et le sourire de Dieu. Si François d'Assise est un saint, c'est parce qu'il est un "merveilleux conducteur de joie" et parce qu'il a compris que "la vérité n'est pas dans la connaissance qu'on en prend mais dans la jouissance qu'elle donne".
Œuvres romanesques complètes de Boris Vian La Pléiade
Cette édition réunit romans, nouvelles et scénarios, ainsi qu’un choix de textes brefs qui, bien que non fictionnels, éclairent son univers imaginaire. Langage d’ingénieur, mais il cache une définition du récit poétique, au service de thèmes graves – la difficulté d’être, l’usure de toute chose, l’angoisse de la mort – qui chez Vian sont transfigurés par la magie du rêve.
Th. nous cite :
« Et ta blessure, où est-elle ? / Je me demande où réside, où se cache la blessure secrète où tout homme court se réfugier si l’on attente à son orgueil, quand on le blesse ? Cette blessure — qui devient ainsi le for intérieur —, c’est elle qu’il va gonfler, emplir. Tout homme sait la rejoindre, au point de devenir cette blessure elle-même , une sorte de coeur secret et douloureux ». de Jean Genet le funambule, en exergue au roman Des hommes de Laurent Mauvigner
Tout le village eu le sentiment en voyant passer le cercueil, qui c’était la fin d’un époque. Ce était pas Raffaele qu’on enterrait, c’était tous les Scorta Mascalzone. On enterrait le vieux monde. Celui qui avait connu la malaria et les deux guerres.Celui qui avait connu l’émigration et la misère.On enterrait les vieux souvenirs. Les hommes ne sont rien. Et ne laissaient aucune trace. Raffael quittait Montepuccio et tous les hommes sur son passage enlevèrent leur chapeau et baissèrent la tête conscients qu’à leur tour, ils ne tarderaient pas à disparaître et que cela ne ferait pas pleurer les oliviers. Laurent Gaudé. Le soleil des Scorta. Fin du premier sous chapitre du chapitre La plongée du soleil.
« Un bouleversement profond s’opéra dans l’esprit d’Elia. Pour la première fois, il travaillait avec bonheur. Jamais les conditions n’avaient été aussi dures. Tout était à faire. Mais quelque chose avait changé. Il n’héritait pas, il construisait. Il ne gérait pas un bien qui lui venait de sa mère, il se battait de toutes ses forces pour apporter un peu d’aisance et de bonheur à sa femme. Il retrouvait dans le bureau de tabac le bonheur qu’avait eu sa mère à y travailler. Il comprenait maintenant l’obsession et la folie avec lesquelles elle parlait de son commerce. Tout était à faire. Et pour y parvenir, il fallait qu’il se force. Oui. Sa vie ne lui avait jamais semblé aussi dense et aussi précieuse » Laurent Gaudé. Le soleil des Scorta. Fin du chapitre Tarentelle
Lu. Présente 4 documents liés à la guerre d’Algérie.
Une vie brève de Michèle Audin
Dans ce livre, il est question d'une vie brève, 27ans. Celle de son père, Maurice Audin, tombé sous la torture en Algérie. Dans ce livre, elle n’écrit ni sur le martyr, ni sur la mort, ni sur la disparition de son père. C'est au contraire, la vie, sa vie, dont toutes les traces n'ont pas disparu, qu’elle livre ici.
Entendez-vous dans les montagnes de Maïssa Bey
Elle trouve pour la première fois les mots pour parler de son père, instituteur torturé puis assassiné en 1957, elle avait 7ans. En titre : les paroles d’un chant patriotique kabyle qui résonnait dans les montagnes « d’où montait la voix des hommes libres ». Dans un train de nuit, elle fait le récit de la rencontre de trois personnages marqués par la guerre d’Algérie. Elle présente aussi plusieurs documents personnels, émouvants.
Mon père, le dernier des fusillés d’Agnès Bastien-Thiry
Le 11 mars 1963, le lieutenant-colonel Bastien-Thiry, 35ans est fusillé au fort d'Ivry. Déclaré coupable d’avoir organiser l'attentat du Petit-Clamart, contre le général de Gaulle. (en lien avec l’OAS ou non) Pour comprendre et accepter l’histoire de son père, l’auteure âgée de trois ans à l'époque des faits, décide de plonger au cœur des non-dits de sa famille. Elle accède aux archives militaires, recueille les confessions de ses proches, des avocats et des conjurés, elle nous livre une biographie intime et surprenante du dernier citoyen français exécuté pour des motifs politiques.
L’autre 8 mai 1945 de Yasmina Adi Film
En Algérie, ce jour de gloire est un jour de deuil. Dans la liesse de la victoire en 1945, des Algériens ont revendiqué leur volonté d’indépendance. Ils subiront durant plusieurs semaines une violente répression conduite par l’armée française. Elle fera des milliers de victimes.
Dans ce film, elle présente nombreux documents inédits, des archives du gouvernement français et des services secrets anglais et américains. Des hommes et des femmes qui ont vécu et subi cette répression. Elle donne la parole aux témoins français, algériens, ainsi que le premier reporter arrivé sur les lieux. Cet Autre 8 Mai 1945 est aux origines de la guerre d’Algérie."
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27 janvier 2016
L’Alsace savourée, Pinot-gris et petits sablés…
En introduction, petite discussion autour du Rwanda avec les auteurs Jean Hatzfeld, Eugène Ébodé et Boubacar Boris Diop ; puis autour des photos du livre Blanc et Demilly
Is. présente
2084 La fin du monde de Boualem Sansal
L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants.
"Comment les convaincre quand ils sont convaincus que leur place au paradis est retenue et les attend comme une suite dans un palace ?" s'interroge Ati, le personnage central de cette parabole sardonique et désespérée.
Boualem Sansal s'en prend aux ravages des religions lorsqu'elles se radicalisent. Il fallait bien du talent, et un certain courage, pour moquer par le roman "la foi sans questions"....
Les visages écrasés de Marin Ledun
Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. Ces projets montés en quelques jours, annoncés priorité-numéro-un, et abandonnés trois semaines plus tard sur un simple coup de fil de la direction. La valse silencieuse des responsables d'équipes, toujours plus jeunes et plus inflexibles…
Cé. présente
Profession du père de Sorj Chalandon
Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Eté 2550 de Bernard Faucon

Il est photographe plasticien, on ne raconte pas.
A découvrir
Ca. présente
Mademoiselle Hass de Michèle Audin
Les dix-neuf récits qui composent le livre sont encadrés par deux dates historiques 1934 et 1941. Elles s’appellent Catherine, Péroline ou Léopoldine Haas. Elles sont sage-femme, ouvrière ou bibliothécaire. Pour parler des femmes au travail, elle choisit un nom suffisamment répandu pour atteindre l’universel. Trente-sept femmes, relève-t-elle en épilogue, recensées par le Mémorial de la Shoah parmi les victimes (françaises) de la déportation portent ce patronyme, « avec le commentaire que Haas, lièvre en allemand, est un nom de famille assez courant – juif, ou pas ». Petite histoire dans la grande histoire.
Stefan Sagmeister, né le 6 août 1962 à Bregenz en Autriche, est un designer graphique et typographe. Il est considéré comme l'un des designers marquant du début du XXIe siècle. Une idée du livre magnifique sur le blog de Sagmeister.
Lu. présente
Jacob Jacob de Valérie Zenatti
Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé en juin 1944 pour libérer la France. De sa guerre, les siens ignorent tout. Ces gens très modestes, pauvres et frustes, attendent avec impatience le retour de celui qui est leur fierté, un valeureux. Ils ignorent aussi que l’accélération de l’Histoire ne va pas tarder à entraîner leur propre déracinement.

Évoqué du même auteur :
Une bouteille dans la mer de Gaza
Traverser sans la voir de Christine Peyret
Ce petit livre, catalogue d'une exposition nomade, nous entraîne, au-delà des reproductions des toiles brodées, sur les chemins de la construction de l'œuvre. Nous partageons avec l'auteur les recherches, les idées qui prennent forme, les rencontres qui font avancer, les doutes et aussi la force qui permet d'aller au bout de son projet. La guerre coloniale, l’Algérie dont il est question ici, n'est qu'un modèle de guerre parmi d'autres. Ici réunis, dans un dessein humaniste, tous les acteurs impliqués : les civils et les militaires, les adultes et les enfants, les vainqueurs et les vaincus, les vivants et les morts, et tendre la main au-dessus de l'abîme.
Prochains cercles : Jeudi 11 février, jeudi 17 mars, Jeudi 28 avril, Jeudi 26 mai, Jeudi 16 juin
22:02 | Lien permanent | Commentaires (0)





